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LA météorite qui s'est écrasée en juillet dernier au Maroc est martienne. C'est la conclusion à laquelle vient d'arriver un groupe d'experts de la société américaine Meteorical Society, qui en analyse des fragments depuis plus d'un mois.
« Le 18 juillet, vers deux heures du matin, une boule de feu a été observée par plusieurs personnes dans la région de la vallée de l' Oued Drâa à l'est de Tata au Maroc» peut-on lire dans le rapport remis par cette instance scientifique internationalement reconnue. L'un des témoins oculaires, a déclaré que cette boule était de couleur jaune avant de passer au vert. Elle se serait ensuite brisée en deux morceaux. La roche extra-terrestre a pris le nom du village où elle est tombée, et répond désormais au nom de Tissint.
Selon le Dr Hasnaa Chennaoui, membre de la Meteorical Society et du conseil d'administration de l'Association pour la Protection du Patrimoine Géologique du Maroc, «la spécificité des météorites martiennes réside dans l'absence d'échantillons comparatifs, car les missions de terrains sont très coûteuses et leurs mises en place technologiques très complexes. Ces météorites sont donc une inestimable mine d'informations sur la planète rouge».
Tissint est aussi la cinquième météorite dont la chute a pu être observée, ce qui fait flamber les enchères quant à ses fragments. Car cette météorite fait autant l'affaire des scientifiques que des courtiers. Aux dires de l'un d'entre eux, Bouchaib Braik, « les fragments sont recueillis par des nomades et cédés à des prix très raisonnables. Ces derniers les revendent avec une bonne marge à des collectionneurs ou a des organismes étrangers, dont des musées internationaux ou des centres de recherches comme la NASA ». Il pointe aussi du doigt une espèce de tourisme méconnue du grand public qui se développe particulièrement dans le sud du Maroc: le tourisme de la météorite. « Des gens affluent du monde entier pour la chasse à la roche extra-terrestre ». Il y en a même qui font fortune grâce à leur cueillette, comme le couple français Bruno Fectay et Carine Bidaut, qui aurait revendu une pierre martienne au centre nationale d'études spatiales (CNES) en France pour plus de 61 000€ après l'avoir achetée 100 DH à un chamelier.
Ainsi, les trésors géologiques marocains sont éparpillés aux quatre coins du monde, et le Maroc ne dispose pas d'infrastructures pour leur valorisation. L'Association pour la Protection du Patrimoine Géologique du Maroc espère donner un début de réponse à ce besoin. Youssef Ennadifi, le président de cette structure et PDG d'Holcim Maroc, précise que « deux musées sont en construction. L'un au versant nord du sommet de M'goun, à Azilal, et l'autre dans son versant sud, à Tazouda». S'ils répondent aux normes de l'UNESCO, ils seraient les fondements du premier géoparc africain. La sentence devrait tomber dans les mois qui viennent.


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